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Jean-Luc Nancy

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Sulcos | Arte - Poesia - Técnica - Política - Filosofia

Sulcos | Arte - Poesia - Técnica - Política - Filosofia

FILOSOFÍA88 pág.ISBN 9789897032028

«Digamos que a filosofia designa a excedência ou o transbordo da linguagem sempre a partir da linguagem e segundo ela. A poesia, pelo contrário, diz este transbordo ou este fora por dentro da sua própria dicção. O filósofo fala sempre, mesmo quando se trata do fora-da-linguagem. O poeta cala-se sempre num momento ou noutro – e, de cada vez, no seio da sua própria fala…» «Ser surpreendido, trazer-se para a obra [de arte contemporânea], tentar nela entrar, é também contemplar. Contemplar – verdadeiramente – não é de todo passivo e imóvel. Ou é uma passividade activa, mesmo quando se fica a olhar…» «[…] não sabemos o que é «a técnica». Trata-se sem dúvida da revelação da nossa própria finalidade sem fim: inventamos fins, mas não sabemos se esses fins têm eles próprios fins. […] a nossa medicina é muito mais performativa do que a de todas as outras culturas, mas é também uma medicina ligada a um conjunto que nós produzimos (doenças, durações de vida, alimentações, respirações, exposições a agentes tóxicos diversos, etc.). Isso revela-nos que a nossa vida enquanto duração, conservação e «saúde» não pode constituir um fim em si. Haverá, pois, que lhe dar um outro sentido…» Jean-Luc Nancy «Sintetizando, o título Sulcos para este pequeno livro surgiu em acordo com Nancy, partindo da ideia de linhas possíveis que se foram traçando, sulcando em abertura e por vezes em deriva, segundo as abordagens indicadas no subtítulo e nas partes que dividem o texto. A ilustração da capa é uma «imagem» possível para Sulcos, onde se observa uma estratigrafia de linhas gravadas num emaranhado labiríntico, divisando-se figuras de animais (gravuras rupestres de Foz Côa). Outras pistas e analogias ficarão ao critério do leitor.» Luís de Barreiros Tavares, na «Nota Prévia»

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Derrida lecteur de Heidegger

Derrida lecteur de Heidegger

FILOSOFÍA216 pág.ISBN 9789897032097

«[…] Derrida avait lu Heidegger ainsi qu’un nombre assez important des philosophes français à partir des années 30 pendant lesquelles la philosophie allemande s’était presque autodissoute quand elle ne s’était pas exilée. Mais il avait lu, ce qui s’appelle lire ! c’est-à-dire scruter, interroger, évaluer, transformer, etc. D’autres lecteurs avaient produit, avant lui et en même temps que lui, des commentaires de haute tenue et de grande finesse. […] D’autres, Levinas le premier (et Foucault le deuxième) ayant reconnu très tôt l’importance de Heidegger, avaient entrepris de s’en détourner résolument (sans rien renier de leur reconnaissance initiale). Derrida, lui, embarrassait puisqu’il ne se laissait pas classer d’un côté ou de l’autre. Que faisait-il donc ? Il lisait, vous diton: il discernait, détachait, écartait et refaçonnait. Qui prête attention à la déclaration qu’il fait dans son ouvrage séminal – La Voix et le phénomène (1967) – sur le rôle décisif qu’a joué pour ce livre sa lecture de Heidegger doit se demander ce que sous-entend cette affirmation, qui reste sans autre explication. Il y a tout un travail de thèse à faire sur ce seul point. Sans faire ce travail on peut en donner l’amorce : ce livre est celui où s’invente la différance. Or de celle-ci on sait qu’il est difficile d’exposer la pensée mais on sait aussi qu’il est au moins assez évident qu’elle se distingue, se défait et se délie de la différence ontico-ontologique. Derrida lecteur de Heidegger s’est d’emblée distancié, détaché de Heidegger le long de son mouvement même. On peut dire qu’à partir de là était engagée une déhiscence jamais achevée, plutôt même toujours accentuée, avec la disposition de fond de Heidegger […]» Le 5 février 1988, une conférence réunissait à Heidelberg Hans- Georg Gadamer, Jacques Derrida et Philippe-Lacoue-Labarthe. Il s’agissait de discuter de l’implication de Martin Heidegger dans le nazisme : le livre de Víctor Farías venait d’être publié et la presse avait fait grand bruit des informations véhiculées par cet ouvrage. Quand vint le tour de Jacques Derrida de parler, il eut une précaution oratoire qui sera aussi la nôtre : « [...] je voudrais adresser une demande qui est, au fond, celle que, implicitement, j’ai toujours adressée en France à ceux qui parlaient de ces problèmes graves, ou nous demandaient d’en parler. Je suppose donc qu’ici personne n’est favorable, d’une manière ou d’une autre, ou ne veut être favorable, à ce que nous appelons tout le temps très vite le nazisme, le totalitarisme, le fascisme; et que nous pouvons établir comme protocole d’une discussion que personne n’est, en conscience, suspect de vouloir défendre ces thèses ici. Que personne, non plus, ne prétend absoudre, disculper, innocenter Heidegger de toute espèce de faute de ce côté-là. »

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